Ce que l'argument de Volvo sur la protection égale prouve, et ce qu'il ne prouve pas
Volvo a récemment publié un communiqué affirmant que ses recherches prouvent que ses voitures protègent les femmes et les hommes de manière égale. La recherche derrière est bonne. Elle prouve moins que ce que dit le titre.

Le problème que pointe Volvo est réel. L'IIHS a constaté que les femmes courent un risque de blessure plus élevé que les hommes lors d'une collision. Une partie vient de ce que les gens conduisent, puisque les femmes ont historiquement été plus souvent dans de petites voitures et les hommes dans des camionnettes et de gros VUS, et le type de collision et la place occupée comptent aussi. Mais l'écart ne disparaît pas entièrement une fois que les chercheurs tiennent compte de tout cela, et une bonne part des soupçons se porte sur la façon dont les voitures sont testées.
Pendant des décennies, le mannequin de collision standard a été un homme de taille moyenne. Le mannequin féminin plus petit utilisé dans bien des tests est surtout ce même homme réduit, ce qui est un mauvais substitut quand on cherche à savoir ce qu'une ceinture ou un coussin gonflable fait réellement au corps d'une femme.
Les grands VUS électriques
J'ai regardé les résultats de collision publiés pour cinq grands VUS électriques vendus en Amérique du Nord. Tous obtiennent de bons résultats, même si les tests disponibles diffèrent selon le modèle et l'année.
Quatre d'entre eux portent la mention IIHS Top Safety Pick+. Le cinquième, le Tesla Model X, a obtenu 98 % pour la protection des adultes chez Euro NCAP, mais c'était en 2019 sous un protocole plus ancien, alors la comparaison avec les autres ne tient pas vraiment.
Le Volvo EX90 affiche le meilleur résultat Euro NCAP récent à 92 %, avec de très bons scores en choc frontal et latéral. Le Kia EV9 et le Hyundai IONIQ 9 arrivent tous deux à 84 %, et tous deux ont vu la protection thoracique jugée marginale dans au moins un test (pour l'IONIQ 9, c'était un choc latéral contre poteau). En revanche, l'IONIQ 9 et le Rivian R1S protègent bien les passagers de plus petite taille à l'arrière.
Rien de tout cela ne vous dit lequel protège une femme aussi bien qu'un homme.
Ce que les tests peuvent montrer, et ce qu'ils ne peuvent pas
Les essais se sont beaucoup améliorés en une génération. L'IIHS place maintenant un mannequin plus petit sur la banquette arrière pour son test frontal à chevauchement modéré révisé, et Euro NCAP examine différentes tailles d'occupants, positions assises et types de collision. Euro NCAP rapporte aussi que plusieurs constructeurs, Kia et Hyundai en plus de Volvo, présentent une protection frontale semblable selon la taille de l'occupant et la place. Volvo n'est donc pas seul à concevoir pour des corps différents.
Protéger des mannequins de tailles différentes dans un test contrôlé reste autre chose qu'un risque de blessure égal pour les femmes et les hommes sur de vraies routes. Un mannequin plus petit n'a pas l'anatomie d'une femme. Et un test avec un mannequin féminin côté passager et un mannequin masculin au volant mélange le sexe et la position assise, si bien qu'on ne peut pas démêler les deux.
De toute façon, la plupart des acheteurs ne voient que la cote en étoiles. Les mesures en dessous, compression thoracique, efforts au cou et le reste, figurent dans les rapports techniques, mais elles ne sont pas présentées d'une manière qui permette de comparer facilement d'un véhicule à l'autre.
Le document de Volvo
Le document technique 2026 de Volvo va au-delà du laboratoire. Il s'appuie sur des décennies de données de collisions réelles de Volvo en Suède et conclut que le risque de blessure modérée ou pire a baissé chez les conductrices comme chez les conducteurs, avec des gains plus importants pour les femmes. C'est une preuve solide que l'ingénierie peut refermer un écart présent depuis longtemps.
Mais il compare d'anciennes Volvo à de plus récentes. Il n'oppose pas une Volvo actuelle à un EV9 ou à un R1S, et il ne démontre pas que chaque Volvo protège tout le monde également dans tous les types de collision. Le mot « prouve » travaille très fort dans ce communiqué.
Ce que les acheteurs ne peuvent pas savoir
Si vous comparez ces véhicules, les questions qui comptent sont assez simples. Celui-ci protège-t-il une personne de petite taille aussi bien qu'une plus grande ? Les femmes risquent-elles davantage un type de blessure en particulier à son bord ? Le constructeur a-t-il démontré une protection égale avec de vraies données de blessures, ou seulement en laboratoire ?
Pour l'instant, aucune des cotes n'y répond, et l'essentiel des données nécessaires existe déjà. Les organismes d'essai consignent des mesures provenant de plusieurs mannequins à différentes places, les constructeurs disposent de leurs propres données de simulation et de collision, et les bases de données d'accidents remontent à des décennies.
À mon avis, l'IIHS et Euro NCAP sont les mieux placés pour publier les résultats féminins et masculins côte à côte pour chaque modèle, sous une forme qu'un acheteur peut réellement lire. Tant que personne ne le fait, une affirmation comme celle de Volvo reste difficile à vérifier face à la concurrence.